Ligne du temps
Opération
sauvetage
À l’été 2024, le studio de la compagnie Cas Public est menacé de fermeture. Des coupures dans les enveloppes gouvernementales destinées aux lieux de danse fragilisent son avenir.
Cai, Caroline et Nicholas décident alors de se rallier pour tenter de maintenir le studio en vie.
S’ensuivent plusieurs mois de discussions, de rencontres et de réflexions autour d’une question assez simple : qu’est-ce qu’on fait de cet espace?
Plutôt que de simplement chercher à préserver le studio tel qu’il existait, une possibilité commence à émerger : et si sa survie passait par une nouvelle génération qui lui donnerait une nouvelle raison d’être?
La directrice artistique de Cas Public, Hélène Blackburn, nous propose alors de prendre la pleine responsabilité de l’espace. Son intuition : porté par une nouvelle génération, le studio pourrait non seulement continuer d’exister, mais trouver une nouvelle place dans le paysage artistique montréalais et répondre à des besoins qui se font de plus en plus sentir : briser l’isolement, créer des liens et cultiver des communautés autour des pratiques artistiques.
Avant de penser aux murs, aux horaires, aux programmes ou à l’identité visuelle, il fallait donc commencer par une chose : nous mettre d’accord à trois sur le type d’endroit que nous voulions cultiver.
Très vite, trois mots sont apparus : communauté. Pluralité. Prototypes.
Ils sont devenus les premières balises de Proto.
Nous savions surtout que nous ne voulions pas recréer un studio réservé à la danse professionnelle. Nous voulions un endroit où la danse puisse être un point de départ plutôt qu’une frontière. Un lieu où l’on puisse pratiquer, chercher, expérimenter, rencontrer, transmettre et simplement entrer en mouvement.
Un endroit qui puisse faire sentir une chose assez fondamentale : tout le monde peut danser.
Si t’as un corps
tu peux danser
La première année, c’est cette idée que nous avons défendue. Et si tout le monde pouvait danser? Sur deux pieds, au sol, dans les airs, en chaise roulante, aux rythmes normés ou atypiques, de manières ancestrales, queer ou juste pour le plaisir.
Développer
une identité
visuelle
Dès le départ, nous savions que nous voulions faire du proto un lieu où des communautés, des pratiques et des sensibilités différentes puissent se rencontrer, se reconnaître et développer un sentiment d’appartenance. Mais cette intention soulevait une question : comment créer une identité visuelle capable d’accueillir cette pluralité sans la réduire à une esthétique commune?
Nous voulions éviter l’idée que l’inclusion devait nécessairement passer par une esthétique « neutre » : une identité blanche, épurée, minimale, suffisamment générique pour pouvoir représenter tout le monde. Car le neutre n’est peut-être jamais réellement neutre. En cherchant à ne privilégier aucune différence, il peut aussi finir par les effacer toutes.
Alors, plutôt que de créer une identité qui cherche à représenter la diversité de proto, nous nous sommes demandé si l’identité pouvait créer les conditions pour que cette diversité puisse apparaître. Et si le logo n’avait pas besoin d’être une image fixe? Et s’il pouvait être un espace vacant, un anti-logo, une forme volontairement incomplète? Un canevas qui n’a pas encore été peinturé, et qui peut être transformé par celles et ceux qui l’habitent.
L’identité de proto devient donc moins une signature qu’un terrain de jeu : une structure suffisamment présente pour être reconnaissable, mais suffisamment ouverte pour accueillir ce qui n’était pas prévu. Une identité qui ne cherche pas à dire « voici qui nous sommes », mais plutôt : voici un espace où plusieurs choses peuvent être, émerger et devenir.
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Un deuxième
studio
En juillet 2025, 6 mois après l’opération sauvetage du studio de la compagnie Cas Public et de l’inauguration du proto studio, un espace se libére dans le local voisin. On décide de faire un trou dans le mur mitoyen (avec l’accord du propriétaire bien sûr) et on ouvre un deuxième studio, adjacent à la cuisine et l’aire commune du proto.